Rites funéraires préislamiques dans le Moyen Atlas marocain

Mohammed BENABDELHADI1, Khadouj BENLAMINE1 & Aïcha OUJAA2

  1. Département de l’Environnement, Faculté des Sciences et Techniques, Université Sidi Mohammed Benabdallah, Fès, Maroc
  2. Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine, Madinat Al Irfane, n°5 et 7Rabat-Instituts, B.P. 6828, Hay Riad, Rabat (benabdelhadi@yahoo.fr)

Résumé

Durant des millénaires au cours de la période préislamique, des monuments funéraires ont été édifiés dans toute l’Afrique du Nord où on les retrouve aujourd’hui très largement répartis. Le Moyen Atlas renferme des milliers de monuments funéraires. Tous ces monuments suivent un même schéma de construction une sépulture entourée et protégée par un assemblage de pierre. La région de Boulmane est riche en tertres funéraires. Nous y avons étudié plus d’une centaine de monuments. Leur mode de construction est remarquablement homogène. Leur taille est modeste tout juste de quoi maintenir en élévation d’un dôme le plus souvent de forme circulaire parfois en cratère en son sommet. Toutes fois, certains présentent une architecture particulière.
Par contre, les fouilles entreprises sur ces monuments révèlent une pratique d’inhumation très diversifiées (primaire et/ou secondaire), aussi bien la position d’inhumation que le nombre d’individus dans le même monument. La position d’inhumation la plus répandue est le décubitus latéral ou dorsal, qui peuvent être fléchis ou forcées. La sépulture peut être simple ou multiple, avec des squelettes qui peuvent être complet et d’autres ne sont représentés que par quelques ossements, qui peuvent être associés à une sépulture primaire. L’inhumation secondaire est plus rare que l’inhumation primaire. Le mobilier funéraire , quant il existe, est très varié. Il peut s’agir de quelques ossements de faune, parfois aussi des éléments de parure aussi bien élémentaires que très fournis attestant probablement du rang social du défunt. Les populations préislamiques du Moyen Atlas ont ainsi mis en œuvre d’importants moyens pour construire des monuments célébrant leurs morts au sein de véritables nécropoles. Mais paradoxalement dans certains cas, ils ont plutôt réutilisé d’anciens monuments.
Il apparaît donc que les rites funéraires préislamiques observés dans la région de Boulmane sont complexes mais ne suivent pas un schéma directeur unique. Bien au contraire, nous avons découvert une très importante diversité de pratiques d’inhumation sous des tertres relativement semblables. Sommes-nous en présence de populations de cultures différentes qui ce seraient succédées dans cette région du Moyen Atlas ? Des pratiques culturelles encore peu établies auraient-elles évolué très rapidement dans une population définie.


Type Communication
Langue du texte intégral Français
Thématiques REG.009: Les rites funéraires des populations nord africaines des périodes protohistoriques et préislamiques.
Mots-Clés rites funéraires; tumulus; sépulture; moyen Atlas;
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