Sites Préhistoriques

Dar Soltane

Elle est située sur le champ de tir d’el Menzeh au sud de Rabat sur le littoral atlantique. La stratigraphie de cette grotte a révélé la présence de niveaux néolithiques, puis Iberomaurusiens et enfin Atériens. Cette grotte est très réputée pour avoir livré en 1975 des restes humains dont un crâne partiel qui se rattache à l’occupation atérienne. Ces restes sont attribués à un Homo sapiens sapiens qui présente certaines caractéristiques archaïques.


Rouazi Skhirat

Cet important site est situé à 30 km au sud de Rabat . Il s’agit d’une nécropole découverte fortuitement en 1980. La fouille de sauvetage entreprise depuis 1982 dans cette nécropole a enrichi nos connaissances sur le Néolithique marocain. cette nécropole a livré des restes humains qui sont associés à un mobilier archéologique d’une grande importance : des vases en céramique ,des gobelets cylindriques en ivoire,2 bracelets en Ivoire…
L’attribution culturelle de cette nécropole est le Néolithique moyen récent dont la date est située aux environs de 3800 av. J.c.


Occupé depuis la période préhistorique puis antique, c’est avec les almohade (XII siècle) que le site de Rabat connaîtra le début d’un parcours historique continu et extraordinaire fait de rayonnement et d’activité. Partie d’un simple Ribat (couvent fortifié) édifié pour contrecarrer les offensives des Bourghwata, le site sera aménagé sous Abdemoumen en Kasbah (forteresse) et en fait un point d’appui pour le camp des guerriers en route pour la conquête islamique de l’Espagne. Son petit-fils Ya’coub el Mansour voulu faire de Rabat (Ribat-al fath) une capitale de son royaume et entrepris les travaux de fondation de la ville. Une vaste enceinte fut élevée ainsi que d’autres monuments dont la célèbre mosquée de Hassan avec sa tour inachevée. En dépit des tentatives mérinides pour relever la ville qui périclitait depuis le XIVème siècle notamment par la construction de la nécropole royale sur le site de Chella, la ville de Rabat déclinait toujours. L’est l’arrivée massive des réfugiés musulmans venus d’Espagne à partir de 1609 qui donna un regain de vie à Rabat.

Les nouveaux venus occupèrent l’emplacement de l’actuelle médina qu’ils dotèrent d’enceinte, qu’on appellera désormais muraille andalouse, et pris le nom de sala (salé) la neuve. C’est dans cette conjoncture que les villes des deux rives du Bou Regreg, Salé et Rabat, se réunissaient en une seule république morisque et pris la forteresse des Oudaya (Kasbah) comme capitale. Cette entité entreprit une large et intense activité maritime basée sur la piraterie qui bouscula les Européens jusqu’en 1829. En 1912 Rabat sera choisie être la capitale administrative du Royaume du Maroc.

Sites antiques et islamiques

Chella (Sala colonia) fut occupée dès la préhistoire. Sala était une des villes prospères et riches de la province de la Maurétanie Tingitane. Aux époques phénicienne et carthaginoise le site était probablement une escale maritime entre Lixus et Mogador. Ce n’est qu’à partir de la période mauritanienne (IIème –I er s. av. J.-C.) que Sala devient une importante agglomération pourvue de multiples monuments publics et religieux. A partir de 40 ap. J.-C. la cité devient romaine et de nouveaux établissements y sont construits (thermes, capitole, arc de triomphe, forum, basilique…). La ville est restée sous domination romaine jusqu’au début du V ème s. ap. J.-C.

Les premières fouilles entreprises sur le site (1929-1930) ont exhumé le noyau du centre monumental avec l’arc de triomphe à trois baies, le forum, la curie et le capitole. Les fouilles de J. Boube entreprises à Sala depuis 1958, ont mis au jour de nouveaux monuments dont des temples, des thermes, le nymphée et des entrepôts et plusieurs nécropoles qui bordent la ville.

Quelques fragments de céramique à engobe rouge de type phénicien constitue des indices isolés mais sûrs quant à la fréquentation du site à l’époque phénicienne. J. Boube ajoute aussi, comme témoignage d’une présence phénicienne dans l’estuaire du Bou Regreg, la trouvaille de scarabées en pâte tendre dans la région de Rabat.

La ville semble avoir été fréquentée au IVème siècle et dont témoigne un fragment d’une lampe grecque recueillie sur le sol de Sala.

Nos connaissances sur l’urbanisme de la ville maurétanienne de Sala restent limitées. Sous les bâtiments d’époque impériale ont été mis au jour plusieurs monuments maurétaniens dont des temples, des édifices publics et des magasins. Certains d’entre eux sont imbriqués dans des constructions plus tardives, notamment sous la basilique romaine où deux murs d’orientation différente, par rapport aux constructions romaines, sont bien visibles.

Après l’annexion de la Maurétanie en 42 av. J.-C., et durant tout le premier siècle, l’urbanisme à Sala ne paraît pas avoir été modifié et l’architecture de la ville doit fort peu à l’influence romaine. A la fin du premier siècle et au début du second, apparaît à Sala une nouvelle forme d’urbanisme sans que l’aspect de la ville en soit radicalement transformé et on assiste à l’édification de plusieurs monuments publics (temples) et des quartiers d’habitations dans la partie occidentale du centre monumental.

La ville de Sala a connu à l’époque romaine une importante évolution urbaine dont témoigne l’aménagement du forum, du capitole et de la curie, du nymphée octogonal, des fontaines, de l’arc du triomphe à trois baies et des thermes. Vers les années 140-144, selon le texte du décret du sénat de Sala, est édifié par le préfet M. Sulpicius Felix, l’enceinte fortifiée.

A la fin du XIII ème siècle, le site est choisi par les sultans mérinides pour abriter une nécropole dynastique. Plusieurs mausolées richement décorés, dont celui du sultan Abou Al Hassan, y sont encore.

L’enceinte almohade : Construite par Ya’coub el Mansour, elle a été édifiée sur une longueur de 5263 m à l’Ouest et au Sud de la ville de Rabat. Elle est large de 2,5m et haute de 10m. La muraille est dotée de 74 borjs et percée de 5 portes ( Bab el Alou, Bab el Had, Bab er-Rouah, Porte des Zaërs. La Muraille andalouse fut construite à partir de 21m environ au sud de Babel-Had, puis aboutit à l’Est au borj de Sidi Makhlouf et s’étend sur plus de 1400m. Une partie de 110m a été détruite dont BabTeben, qui est la 3ème porte de la muraille avec Bab el-Bououïba et BabChella. A l’égard de l’enceinte almohade elle est flanquée de tours barlongues au nombre de 26 espacées de 35 m.

Oudaya (Kasbah) A l’origine ce fut une petite forteresse érigée par les almoravides pour lutter contre les tribus Bouraghouata. Toutefois son histoire ne débute qu’avec les almohades qui en fait un ribat à l’embouchure de Bou Regreg qu’il nomme Mehdiya. Le site tomba en désuétude après les almohades et c’est l’arrivée des morisques de l’Andalousie qui va le faire renaître. La Kasbah allait être restaurée et renforcée. La dynastie alaouite va à son tour entreprendre des travaux d’aménagement du site entre 1757-1789 puis entre 1790-1792. Toute cette histoire agitée du site transparaît à travers les monuments qui compose la Kasbah des Oudaya tel l’enceinte almohade et sa fameuse porte monumentale (Bab- el Kébir) un des emblèmes de l’architecture almohade, la mosquée connue sous le nom de Jamaa el Atiq, l’enceinte alaouite et la maison princière dressée à l’ouest et l’ouvrage militaire borj Sqala.

Mosquée de Hassan : Construite par le monarque Yaqoub el Mansour. C’est la plus grande mosquée de son époque. Cet ambitieux projet fût interrompu après la mort de son commanditaire en 1199 et la mosquée restait inachevée puis ravagée par le tremblement de terre de 1755. Les vestiges laissent deviner l’ampleur du monument initial qui mesurait 180m de long et 140m de Large. Le minaret quadrangulaire se dresse à plus de 44m. Ses parois font un demi-mètre d’épaisseur. Une rampe intérieure escaladant en vrille autour de six pièces centrales superposées permettait d’accéder au sommet. Une ornementation taillée sur la pierre habilleles quatre façades du minaret selon un style andalou-magrébin du XIIème siècle.