Établie à l’initiative de Louis Leakey sous le nom de ‘Congrès panafricain pour la préhistoire’, l’Association organisa son premier congrès à Nairobi, au Kenya, en janvier 1947. Les 54 participants provenant de 27 pays y adoptèrent une constitution, publiée dans le journal Man (1947 : 86-87). L’abbé Henri Breuil en fut élu le premier président, avec comme vice-président le Sud-Africain Robert Broom. Trois sous-comités ont été créés lors du premier congrès pour aborder différents enjeux disciplinaires. Ils portaient respectivement sur:

  • la géologie, la paléontologie animale et la climatologie,
  • la paléontologie humaine,
  • l’archéologie préhistorique.

Ces sous-comités ont poursuivi leurs activités, pendant les congrès et au-delà, durant une vingtaine d’années. Ils ont joué un rôle important dans la résolution de diverses controverses portant sur des questions de pratiques et de terminologies archéologiques, et ont contribué à forger la nomenclature scientifique qui est encore la notre aujourd’hui.
Ainsi, un des résultats majeurs du premier congrès de 1947 a été la standardisation de la terminologie de l’âge de la pierre à travers toute l’Afrique. Si l’archéologie préhistorique est restée le sujet de prédilection de tous les congrès de l’Association, l’ouverture manifeste des sous-comités dès le premier congrès, a assuré à l’Association son caractère résolument multidisciplinaire.

John Desmond Clark nous le rappelait dans son ouverture au 8ème congrès: « Avant 1947, les archéologues en Afrique travaillaient principalement dans des domaines cloisonnés ; d’immenses distances séparaient un travailleur d’un autre et ils ne se rencontraient que très rarement, voire même jamais. Le congrès de 1947 a permis, pour la première fois, de réunir des préhistoriens, des paléontologues et des géologues d’un bout à l’autre du continent, et leur a servi de forum pour échanger informations et d’idées. »

L’importance de cette interdisciplinarité a été particulièrement reconnue lors du 4ème congrès, lorsque le nom de l’organisation fut changé en ‘Congrès panafricain pour la préhistoire et les études quaternaires’.

Les congrès suivants ont traversé le continent au fil des années, dans des pays à prédominance anglophone (pour les 1er, 3ème et 8ème congrès), francophone (2ème, 4ème et 6ème), espagnole (5ème) et bientôt, nous l’espérons, lusophone. Dès 1947, les congrès ont permis de forger des liens durables entre chercheurs, étudiants et praticiens de diverses disciplines sur l’ensemble du continent. En même temps, les congrès ont tissé des liens de partage et d’amitié qui n’auraient pu autrement se créer, encourageant ainsi la coopération interafricaine.

Les congrès successifs ont eu à confronter divers enjeux importants. Lors de la réunion de Casablanca en décembre 1975, une nouvelle constitution a été discutée par le comité permanent. Elle visait à mieux adapter l’institution et ses objectifs aux intérêts et aux préoccupations de l’Afrique, considérant l’importance grandissante du nombre des chercheurs africains de naissance. Il était particulièrement important de s’assurer que des chercheurs de nationalités africaines assument un plus grand nombre de fonctions élues et exécutives au sein de l’organisation. Comme le résumait alors un membre de l’Association : « Il est grand temps que les citoyens de l’Afrique deviennent les principaux acteurs de leur propre destinée ».

Le comité spécialement constitué a donc remis ses propositions, qui ont été diffusées pour avis auprès des 216 délégués du 8ème congrès en septembre 1977 à Nairobi. La version révisée a été votée à l’unanimité lors de la séance plénière de Nairobi. L’Association ainsi revitalisée a décidé de créer un secrétariat permanant pour assurer la continuité de l’organisation entre les congrès. Il a également été décidé de lui donner un nouveau nom : l’Association panafricaine pour la préhistoire et études connexes.

Les années 1980 ont été difficiles pour l’organisation, et les congrès ont dû être reportés à cause des revers financiers. Cette période difficile s’est achevée en 1995, avec l’organisation au Zimbabwe du plus grand et du plus dynamique congrès panafricain jusqu’à présent. Dès lors, les congrès ont été réguliers et bien suivis : le ‘panafricain’ est devenu une date incontournable sur les agendas de ceux qui travaillent dans les champs de la préhistoire et de ses disciplines connexes en Afrique.