Chronostratigraphie des sites acheuléens de la région de Casablanca

Lefevre D.1, El Graoui M.2, Geraads D.3,6, Mohib A.4, Raynal J.-P5,6

  1. Université Paul-Valéry Montpellier 3, CNRS, MCC, UMR 5140, Archéologie des Sociétés Méditerranéennes, Montpellier, France, david.lefevre@cnrs.fr
  2. Institut National des Sciences d’Archéologie et du Patrimoine, Rabat, Maroc, elgraouimohssine@gmail.com
  3. Muséum National d’Histoire Naturelle, Sorbonne Universités, CNRS, UMR 7194, Histoire Naturelle de l’Homme Préhistorique, Paris, France, denis.geraads@mnhn.fr
  4. Direction provinciale de la Culture, Kénitra, Maroc, amohibs@yahoo.fr
  5. Université Bordeaux, CNRS, MCC, UMR 5199, De la Préhistoire à l’Actuel : Culture, Environnement, Anthropologie, Talence, France, jpraynal@wanadoo.fr
  6. Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Department of Human Evolution, Leipzig, Germany,

Résumé

Le développement de la ville de Casablanca en tant que port principal du Maroc depuis 1907 a entraîné l’ouverture d’un nombre élevé de carrières de plus en plus éloignées du centre-ville au fur et à mesure de sa croissance. Ces exploitations ont traversé des strates du Pléistocène, du Pliocène et du Miocène supérieur et révélé de nombreux gisements paléontologiques et préhistoriques. En 1961, P. Biberson proposa une synthèse de l’évolution de ces industries anciennes inscrite dans le cadre chronostratigrahique des étages du Quaternaire marin qui venait d’être défini à partir de ces dépôts. De nouvelles recherches menées depuis les années 90 ont conduit d’une part à l’élaboration d’un nouveau système lithostratigraphique au sein duquel ont été intégrés des sites anciennement découverts dans les carrières de Sidi Abderrahamne et d’autre part à la découverte et à la fouille de nouveaux gisements.
La plus ancienne attestation de présence humaine en contexte stratigraphique sûr appartient à la Formation d’Oulad Hamida. Dans la carrière Thomas, l’assise Th-L du membre OH1 de la Formation d’Oulad Hamida contient plusieurs niveaux d’assemblages lithiques particulièrement riches qui caractérisent le Premier Acheuléen régional ainsi que de restes de grands mammifères. Les données biochronologiques indiquent un âge Pléistocène inférieur, autour de 1.2 million d’années, à ce gisement.
Deux gisements ont été découverts dans le remplissage continental de cavités profondes associées au paléorivage du membre OH4 de la Formation d’Oulad Hamida : la Grotte à Hominidés (GH), dans la carrière Thomas, a livré de nombreux restes d’hominines, des objets lithiques et de la macro et microfaune ; la Grotte des Rhinocéros (GDR) dans la carrière Oulad Hamida, a livré de nombreux restes de macromammifères dont des crânes de rhinocéros, de la microfaune et des assemblages lithiques qui ont permis de caractériser le Second Acheuléen régional. Les données biochronologiques (macro et microfaune) donnent un âge Pléistocène moyen ancien à ces deux gisements, autour de 0.6 Ma, en accord avec la place de ces formations dans le cadre stratigraphique de Casablanca.
Les formations sédimentaires des carrières de Sidi Abderrahmane constituent la Formation d’Anfa, unité stratigraphique plus récente que la formation d’Oulad Hamida et qui appartient au Pléistocène moyen récent. Tous les gisements qui y ont été anciennement découverts, comme ceux de Cap Chatelier, de la Grotte des Ours ou de la Grotte des Littorines, célèbre pour avoir livré en 1955 les restes de l’Homme de Sidi Abderrahmane, sont associées au paléorivage du Membre 4 de la Formation d’Anfa rapporté au MIS 11. Le gisement fouillé dans la carrière de Sidi Abderrahmane- Extension appartient à une formation plus récente, la Formation de Kef Haroun.


Subject Communication
Language of text Français
Topics REG.002: Appearance, development and disappearance of the African Acheulean in the North Africa.
Keywords Chronostratigraphie; Acheuléen; Maroc;
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